3 siècles ...

15/09/2018

 

Un des plus anciens fragments de châle Pashmina appartenant à une collection publique et qui soit parvenu jusqu'à nos jours, date d'environ 1680. Il est actuellement conservé au Calico Museum of Textiles de Ahmedabad en Inde. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il ne faisait pas partie de la garde-robe d'une riche Maharani mais plutôt  de celle d'un Maharaja !

 

 

Mais un deuxième fragment existe, conservé au Victoria & Albert Museum. Il fût offert à l'illustre institution londonienne en 1954 par Madame Gira Sarabhai, fondatrice, avec son frère Gautam, du Musée Calico.

 

 

 

Les deux fragments proviennent du même châle.

 

Par ailleurs, il est fort probable qu'il s'agisse de celui que le Maharaja de Bikaner confia en 1911 aux organisateurs de l'Exposition d’Antiquités qui eu lieu à Delhi cette même année, à l'occasion des Célébrations du Couronnement du Roi George V...

 

 

...comme en témoigne la photo ci-après, que l'on trouve dans le catalogue qui fût imprimé pour l'occasion, par les organisateurs de l'exposition.  

  

Comme l'indique la légende ci-après qui accompagne la photo, le châle fût offert par un Empereur Moghol (Aurangzeb?) à un ancêtre  du Maharaja de Bikaner. Le châle complétait le Khil'At, la Tenue de Cérémonie traditionnellement offerte en cadeau par l'Empereur à ses subordonnés. Le Khil'at se composait de plusieurs pièces, dont le nombre augmentait de manière proportionnelle à l'importance et au statut social de celui qui devait le porter.   

 

 

Contrairement à ce que le descriptif du catalogue indique, le châle ne comporte pas de broderie. Il s'agit en réalité d'un châle "kani" c'est à dire tissé. Plus précisément on parle d'un châle "Ekrukha Kani", ce qui signifie "non-réversible" car les "nœuds" du tissages sont visibles à l'envers de la pièce. La technique Dorukha Kani (réversible) fait son apparition bien plus tard, aux alentours de 1860. 

 

Les motifs floraux étaient très répandus dans l'art et l'architecture Moghole.  Les châles Kashmiri ne faisaient pas exception. Les caractéristiques de ceux que l'on peut observer dans les deux fragments permettent de situer le châle vers la fin du XVIIème siècle. 

 

La forme longiligne de la tige, la grâce et la finesse des fleurs et des bourgeons, la délicatesse des feuilles, la légèreté du motif dans son ensemble, la présence de petites racines, l'absence de vase, sont caractéristiques de cette époque. 

 

Par ailleurs, on retrouve de nombreux exemples de ces mêmes motifs dans les sublimes miniatures et enluminures Mogholes de l'époque, comme en témoigne le portrait ci-après du Sultan Abdullah Qutb Shah peint en 1670 à école de peinture de Golkonda.

 

 

 

 

 

Ou encore les somptueux panneaux en pietra dura, classiques de l'art décoratif Moghole, que l'on peut admirer dans les palais et les forts construits à cette même époque, tels que le Red Fort de Delhi ou encore le Taj Mahal à Agra, à titre d'exemple.

 

 

 

 

 

 

 

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