Sollicités par "Économie Matin" sur le thème des Soldes, voici notre contribution.


De moins en moins plébiscités, de plus en plus boudés, depuis plusieurs années les soldes ont perdu de leur attrait. Pour quelles raisons ? Et surtout, les petits commerçants de proximité luttent-ils à armes égales contre la machine à broyer qu’est l’Internet ?

Dans le domaine vestimentaire les soldes suscitaient auparavant un réel engouement parfois même frénétique. Véritable bol d’oxygène ils étaient pour le commerçant l’occasion d’écouler son stock et ainsi financer l’achat de nouvelles collections. En contrepartie, ils représentaient pour les clients le moment de se faire plaisir à moindre frais. Ainsi, les bonnes affaires des uns faisaient le bonheur des autres ! Mais aujourd’hui les soldes ne suscitent plus le même engouement. Force est de constater qu’avec l’explosion d’Internet, les tendances ont changé, et nos habitudes avec. Le mécanisme à l’origine de ces changements réside dans la facilité qu’a chacun d’accéder à toute sorte de produits en restant confortablement assis chez soi devant son écran. Un mécanisme pervers, car cette facilité est rendue d’autant plus attrayante du fait des nombreuses offres exceptionnelles, ventes privées et rabais en tous genres dont le consommateur peut bénéficier et ceci tout au long de l’année. Tout cela assorti, de livraisons offertes, retours gratuits, cadeaux de bienvenue, bons de réductions et ainsi de suite cela va de sois....La liste est interminable et les grandes enseignes rivalisent d’ingéniosité en la matière.

Face à cette concurrence féroce, le commerçant de proximité a-t-il un avenir ?

De toute évidence la lutte ne se fait pas à armes égales. Là où le commerçant est limité à 6 semaines de soldes en été et 6 en hiver, les grandes enseignes, elles, grâce à l’Internet, disposent de 365 jours. Là où le commerçant doit essayer d’écouler son stock en boutique dans un temps “imparti” de 12 semaines par an, la grande distribution s’octroie le droit de vendre sur Internet à des prix frôlant la perte sur 52 semaines, soit toute l’année! Là où le commerçant est limité par son emplacement géographique et des horaires fixes, les grandes enseignes sont omniprésentes et ont accès à chaque foyer par le biais du net 24h/24 7j/7. Aux vues de tout cela le constat pourrait être sans appel. Pourtant la est réponse est oui! Oui, le commerçant de proximité peut tenir le choc, et avoir un avenir mais à une condition...

La valeur ajoutée !

Le véritable moyen et plus grand pouvoir dont dispose le commerçant pour faire face à cela est à la fois simple et exceptionnel, un moyen dont la grande distribution ne peut disposer que très difficilement, car sa dimension ne le lui permet pas... Ce pouvoir s’appelle la “Passion”! Aussi simple que cela puisse paraitre, c’est elle qui fait et fera toute la différence dans cette lutte. La passion est le bien le plus précieux dont dispose le commerçant pour se distinguer et représente sa véritable valeur ajoutée car d’elle découle toute une série d’avantages bien plus satisfaisants pour le client qu’un vulgaire bon de réduction ne pourra jamais remplacer. La passion est mesurable car elle se lit sur le visage et s’entend dans la voix. C’est cette passion qui permet de personnaliser la relation avec chaque client et ce faisant de la lui transmettre.

La disponibilité, le bon conseil, l’honnêteté, la qualité, la transparence, la sincérité, la connaissance du produit, le professionnalisme, la reconnaissance et la valorisation du client par le biais de petites attentions, d’échanges et enfin la confiance, toutes dérivent de cette passion. Nulle raison alors pour le client d’aller chercher sur le net ce qu’il peut se procurer chez son commerçant (pendant les soldes ou pas !). Son commerçant le client il le connait, il peut aller le voir, il ne se cache pas derrière un écran, un numéro vert payant ou une adresse e-mail, lui n’est pas virtuel, il est là et répondra toujours présent car il est passionné par ce qu’il fait! Cette passion le client la voit, l’entend, la vit et plus le premier sera passionné plus ce dernier lui sera fidèle! En somme, si la relation client peut-être dématérialisée et virtuelle, la passion elle sera toujours concrète et bien réelle et cela aucun site Internet ne saura mieux le transmettre que celui qu’elle anime vraiment: le commerçant!


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