Savoir-Faire Ancestral

LE TISSAGE KANI

 

Le châle Kani trouve ses origines dans le village dans lequel la technique de tissage du même nom est née, le village de Kanihama, dans l'état de Jammu & Kashmir, en Inde.

La définition littéraire de kani est: bobine de bois ou petit bâtonnet.

Aussi connu au Kashmir sous le nom de kanikar ou tilikar.

Il s'agit d'une petite fusette sur laquelle est enroulé le fil de pashmina qui sera ensuite utilisé pour la réalisation du fameux châle.

La simplicité de l'outil de travail est en contraste avec la difficulté de sa technique d'emploi.

Le tissage kani est un des plus complexes de toute d'Inde, qui requiert énormément de patience, pratique et une dose incommensurable de talent pour être maîtrisée, de ce fait, il a failli disparaître voilà une trentaine d'années. Dans un souci de sauvegarde de ce patrimoine culturel inestimable, le statut d'Origine Géographique Contrôlé lui a été attribué.

Technique emblématique du talent des artisans du Cachemire, on retrouve des châles kani exposés dans les musées plus prestigieux du monde, parmi lesquels: le Musée d'Arts Décoratifs à Paris, le Victoria & Albert Museum à Londres ainsi que le département d'art Islamique du Metropolitan Museum of Art de New York.

Le Musée du Louvre, à Paris, possède plusieurs portraits de l’Impératrice Joséphine drapée dans des châles kani.

Le châle kani est caractérisé par la présence de motifs floraux complexes, méticuleusement tissés en respectant scrupuleusement le modèle dessiné et codé par le maître-artisan. Le temps de réalisation d'un châle varie en fonction de la complexité du motif à exécuter et du nombre de couleurs nécessaires.

A titre d'exemple, la réalisation d'un châle kani, de 1mt par 2mt, entièrement recouvert de motifs floraux prend en moyenne 9 mois à un an, à hauteur de 10 heures par jour, en employant 2 artisans. La réalisation des châles plus complexes peut prendre jusqu'à 5 ans.

En 1853, le temps de réalisation d'un châle Kani ordonné par l'Impératrice Eugenie de Montijo a été de 9 mois, au total 30 tisseurs ont participé à sa confection. 

Les tisseurs, traditionnellement des hommes (bien que de plus en plus de femme reprennent le travail de leurs pères), doivent impérativement avoir des notions d’arithmétique (le tissage kani suit un graphique arithmétique). Un an d'apprentissage est nécessaire afin connaitre les bases du métier, suivi de deux ans sous le guide d'un maître artisan.