De Pashm à Pashmina

Né d’une tradition textile ancestrale,

pendant des siècles le Châle Pashmina 

a incarné le symbole même de la Culture Kashmiri.

ORIGINES D'UN CHÂLE PRECIEUX

Afin de survivre aux conditions climatiques extrêmes qui frappent l’Himalaya en hiver, 

les animaux endémiques à ces montagnes (le yak, l’antilope, le chameau, le bœuf musqué, 

mais aussi les chiens,  les chèvres, les moutons, etc...) développent sous leur pelage hivernal, une toison composée de fibres d'une rare finesse. 

Ce duvet, dénommé Pashm par les locaux, permet à ces animaux de survivre à des vents polaires et à des températures glaciales, qui peuvent atteindre les -50°C. 

Le plateau aride du Ladakh est une région reculée de la péninsule Indienne, située dans la chaîne 

de l’Himalaya, à une altitude moyenne de 4.000 mètres, et qui occupe la partie est de l’Etat de 

Jammu & Kashmir.

Malgré des conditions semi-désertiques froides, Le Ladakh abrite une espèce  de chèvre dont le Pashm est particulièrement recherché.

Il s'agit de la chèvre trans-himalayenne Changthangi, ou chèvre Tibétaine.

Sa fibre a une épaisseur moyenne de  13  microns, 6 fois plus fine qu'un cheveux humain, ce qui lui permet d’entrer, de facto, dans la catégorie des fibres naturelles ultra-fines.   

La chèvre Changthangi est élevée, depuis des siècles, par la tribu Chang-pa, bergers nomades dont on voit les tentes éparpillées à travers le Ladakh, à des  altitudes allant de 3.600 

à 4.500 mètres. 

De croyance Bouddhiste, les Chang-pa appartiennent majoritairement à l'école Tibétaine Drukpa, et croient fermement en l’origine sacrée de leurs troupeaux.

Les bergers Chang-pa vivent au rythme de leur bétail et de la nature qui les entoure.

Ainsi ils changent leur camp entre 8 et 10 fois par an, chaque déplacement ayant lieu lorsque les ressources en pâturages et en eau sont épuisées dans la zone occupée.   

La récolte du Pashm débute au mois de juin lorsque les premières touffes de duvet 

remontent naturellement à la surface du pelage de l'animal, et se termine généralement 

la première semaine du mois d’août.  Par crainte que l'animal prenne froid et tombe malade, les Chang-pa font particulièrement attention à enlever le Pashm par étapes, jamais en une seule fois.

Le Pashm est gentiment prélevé à l’aide de peignes en métal aux pointes arrondies. 

Une femelle  donnera en moyenne 200 à 250 g de fibre alors qu'un mâle en donnera 

entre 300 et 500 g. Ces chiffres font référence au produit brut, c’est à dire non nettoyé 

de ses impuretés (sécrétions, terre, herbes, poils, etc...) et qui sera vendu en l’état aux artisans du Cachemire. La quantité nette de Pashm après nettoyage est estimée, par ces derniers, 

à environ 35% du poids initial.

La première phase dans la fabrication du fameux châle, consiste à nettoyer le Pashm de tout 

corps étranger, c'est à dire environs 65% du volume total. Cette tache, parmi les plus ennuyeuses, est traditionnellement réservée aux femmes. 

Le nettoyage à la main de 50 g de Pashm prend en moyenne 8 heures. 

Ensuite, la fibre est immergée dans une solution à base d'eau de riz, ce qui lui permet de se 

débarrasser des dernières traces d’impureté et de gagner en résistance, avant d’être peignée et transformée en fil. 

La filature du Pashm est effectuée aujourd’hui encore, sur des rouets transmis aux filles par leurs mères. Le fil obtenu par ces femmes, au bout de nombreuses heures d’un travail minutieux 

et pénible, est dénommé PASHMINA.

Le terme Pashmina identifie donc, d'une part le fil de Pashm, d'autre part le produit fini, résultat de son tissage, le fameux châle Pashmina. 

Crédit photo Sudarshan Bhat