Pashmina

LA FIBRE

Le terme Pashm, mot Urdu originaire de la langue Farsi, identifie le duvet qui se développe naturellement sous le pelage hivernal des animaux endémiques de la Haute-Asie.

Le Pashm le plus recherché est celui produit par une chèvre trans-Himalayenne originaire du Tibet et du Ladakh, connue sous le nom de chèvre Tibétaine ou Changthangi, élevée par les bergers nomades Chang-pa. 

 

Pour les artisans du Cachemire, les trois facteurs déterminant la qualité de la fibre de pashm sont sa finesse, sa longueur et sa couleur. Les deux premiers ayant un impact direct sur la sensation "au toucher" du produit fini.

 

 

Finesse

 

Le diamètre des fibres naturelles s'exprime en microns. Si celui d'un cheveu humain est en moyenne de 70, celui d'une fibre de Pashm se situe entre 12 et 15 (celui du cachemire à usage industriel varie entre 14 et 20).

 

 

Longueur

 

La longueur de la fibre est également fondamentale. Plus la fibre est longue, plus le produit fini sera doux et soyeux.

Si la longueur de la fibre de cachemire à usage industriel est d'environ de 3,5 à 4 cm. celle exigée par les artisans filateurs de pashm est au minimum de 5 cm. La longueur de la fibre est directement liée aux conditions climatiques qui frappent l'habitat naturel des chèvres Changthangi. Ainsi, plus les conditions sont extrêmes (vents polaires, températures glaciales) plus la longueur de la fibre sera importante, plus le pashm sera précieux.

Couleur

 

Les couleurs naturelles du pashm sont le blanc cassé, le marron et le gris.

Le blanc est la couleur de prédilection la plus recherchée, aussi bien par les artisans d'autrefois que par ceux d'aujourd'hui, et ce à cause de sa facilité à être teinté. Toutefois, à la différence des 2 premiers facteurs, ce dernier n'a aucun impact sur la qualité de la fibre.

Pashmina et Shahtoosh

Autrefois, les châles Kashmiri les plus recherchés étaient tissés avec le pashm de l'Antilope  Chiru, dont la fibre connue sous le nom de shahtoosh, est sans aucun doute la plus fine jamais tissée par l'homme (9 à 12 microns !). Hélas, l'Antilope Chiru vit à une altitude moyenne de 5.500m et ne peut être domestiquée ! De ce fait, pour obtenir le précieux pashm, il était indispensable de supprimer l'animal, ce qui a eu des conséquences dévastatrices sur leur population.

Au cours de la première moitié du 20ème siècle, le nombre d'Antilopes Chiru dépassait le million, en 1960 leur nombre était passé à environ 100.000.

En 1979, l'Antilope Chiru a été inscrite à l'annexe 1 de la Convention Internationale du Commerce des Espèces Sauvages menacées.

Depuis, le commerce de shahtoos ainsi que tous ses dérivés est strictement interdit et lourdement sanctionné.